Au large de Djibouti, au moins 139 migrants meurent dans le naufrage de leur embarcation

Le bateau de fortune transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, selon les survivants du naufrage cités par l’Organisation internationale pour les migrations.

Au moins 139 personnes ont péri, et 84 autres sont portées disparues, en raison du naufrage d’une embarcation de fortune dans la nuit du 8 au 9 octobre, au large de Djibouti, a fait savoir l’Organisation des Nations unies (ONU), dimanche 11 octobre.

Un précédent bilan faisait état de 109 morts, mais l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait savoir, plus tard dans la journée, que 30 corps supplémentaires avaient été découverts, ajoutant que « les opérations de recherche se poursuivent ».

L’embarcation, qui transportait 305 personnes de Djibouti vers le Yémen, a chaviré au nord de la ville d’Obock, selon l’OIM, dont les équipes sont sur le terrain aux côtés des autorités locales pour fournir une aide d’urgence. « Cette tragédie nous rappelle brutalement les dangers auxquels sont exposés les migrants le long de cette route migratoire » qu’ils empruntent dans l’espoir de trouver de meilleures « perspectives économiques », a déclaré Alexandre Coissac, chef de mission de l’OIM à Djibouti.

Parmi les corps retrouvés figurent 15 enfants. Plus de 80 personnes ont survécu au naufrage, toutes de nationalité éthiopienne, selon l’OIM.
Plus de 900 morts en 2025

« Chaque année, des dizaines de milliers de migrants originaires de la Corne de l’Afrique transitent par Djibouti et traversent le détroit de Bab Al-Mandab pour rejoindre le Yémen, dans l’espoir d’atteindre les pays du Golfe à la recherche de sécurité, de stabilité et d’emploi », explique l’OIM. « La pauvreté, l’insécurité et les conséquences croissantes du changement climatique poussent nombre d’entre eux à entreprendre ce périple, malgré l’instabilité grandissante qui règne au Moyen-Orient », insiste-t-elle.

Depuis le 10 septembre, l’OIM a recensé plus de 20 000 arrivées en provenance d’Ethiopie à Djibouti. Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, l’organisation a comptabilisé environ 178 000 arrivées en provenance d’Ethiopie.

« La majorité des personnes effectuant ces déplacements sont de nationalité éthiopienne ou somalienne », avait expliqué un porte-parole de l’OIM, Kennedy Omondi Okoth, à l’Agence France-Presse, cette semaine. « Ces voyages périlleux (…) sont principalement entrepris par des migrants en quête désespérée de perspectives économiques dans les pays du Golfe, Djibouti constituant pour eux un pays de transit. Toutefois, en raison des risques liés à ces trajets, beaucoup se retrouvent bloqués dans le pays », avait-il déclaré.

L’OIM appelle à renforcer les financements pour les opérations de sauvetage et l’aide d’urgence à Djibouti, ainsi qu’à développer des voies de migration sûres. En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou portés disparus sur la « route de l’Est », qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen en passant par Djibouti, avant de se poursuivre vers d’autres destinations.