Liban, l’arène des illusions perdues : autopsie d’une faillite

Introduction : Le mensonge originel
Le Liban n’est pas un pays qui a échoué ; c’est un pays qui a été conçu pour échouer, et que ses propres enfants ont obstinément refusé de sauver. Pour comprendre l’état de décomposition avancée dans lequel il se trouve en cette année 2026, il ne faut pas chercher des causes économiques conjoncturelles ni des complots extérieurs uniquement. Il faut remonter à la matrice : un pacte colonial, une complicité populaire et une myopie existentielle. Comme le disait le philosophe Thomas Hobbes dans Le Léviathan, «l’homme est un loup pour l’homme» ; au Liban, cette maxime est érigée en système de gouvernement, où chaque communauté est un loup tapi dans l’ombre de l’autre, guettant sa part de proie plutôt que de bâtir un bien commun. Et comme l’écrivait le poète libanais Khalil Gibran dans Le Prophète : «Votre maison n’est pas une ancre mais un mât». Mais les Libanais ont transformé leur maison en un champ de ruines, où chaque chef de clan plante son drapeau sur un tas de décombres.






